Graine de Violence

Graine de Violence

Le podcast qui chronique les grands fêlés des l'histoire de la musique

Graine de Violence

Graine de Violence est une série de portraits d'icônes de la musique moderne, soigneusement sélectionnés pour leurs vies périlleuses, leurs œuvres singulières ou leurs folies encombrantes. En m'appuyant sur des bouquins et des discographies, j'essaie de comprendre ce qui nourrit leur musique, ce qu'elle veut nous dire. Surtout, je cherche à savoir ce qui me bouleverse dans les mélodies de ces individus parfois peu recommandables. Si vous aimez les stars déchues, les perdants magnifiques, les héros sacrifiés et les méchants romanesques qui hantent vos oreilles, Graine de Violence est pour vous.

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Scott Walker, la métamorphose du jeune premier

Coïncidence heureuse, cet épisode que je rumine depuis longtemps sort le même mois que le premier livre en français consacré à Scott Walker. Le critique musical François Gorin y raconte sa relation à l’artiste à travers la quête de ses albums, à une époque pré-internet où ceux-ci sont cachés comme des trésors chez les disquaires. L’auteur fait bien de contourner l’exercice biographique, car Scott Noel Engel, de son vrai nom, a si soigneusement dissimulé les détails de son existence qu’il ne reste pas grand-chose à raconter. Mais voilà, il est responsable d’une œuvre tellement unique en son genre qu’il est très tentant de spéculer sur l’homme qu’il a été et la vie qu’il a menée. Dès 1965, Scott est une superstar au sein d’un groupe immensément populaire, les Walker Brothers. En quittant leur Amérique originelle pour l’Angleterre, ils ont décroché le jackpot et viendront même chatouiller les Beatles sur le podium. Mais très vite, Scott Walker est mal à l’aise avec ce succès. Petit à petit, il va quitter le monde la pop pour honorer des aspérités artistiques bien plus complexes. Beaucoup plus tard, dans les années 90, il réapparaitra avec une musique incroyablement sombre, à faire passer les bûcherons du grunge alors en vogue pour des fleuristes.

 

Quelques références…

Des bouquins :

-         Scott Walker, de François Gorin

-         The Impossible Dream, d’Anthony Reynolds

-         Scott Walker, The Rhymes of Goodbye, de Lewis Williams

Des disques :

-         Take It Easy With The Walker Brothers – The Walker Brothers (1965)

-         Portrait – The Walker Brothers (1966)

-         Images – The Walker Brothers (1967)

-         Scott 1 – Scott Walker (1967)

-         Scott 2 – Scott Walker (1968)

-         Scott 3 – Scott Walker (1969)

-         Scott 4 – Scott Walker (1969)

-         ‘Til The Band Comes In - Scott Walker (1970)

-         Nite Flights – The Walker Brothers (1978)

-         Climate Of Hunter – Scott Walker (1984)

-         Tilt – Scott Walker (1995)

-         The Drift – Scott Walker (2006)

-         Bish Bosh – Scott Walker (2012)

-         Soused – Scott Walker & Sunn 0))) (2014)

Un doc :

-         30th Century Man, de Stephen Kijack (et produit par David Bowie)

Un (autre) podcast :

-         « La Voix Unique De Scott Walker, Eblouissant Rêveur Solitaire » - Very Good Trip (Michka Assayas) sur France Inter

Bonus :

-         Ma critique de Tilt, sur Albumrock.net : https://www.albumrock.net/album-scott-walker-tilt-8801.html


Merci à Michel Tuttle pour avoir monté la voix sur cet épisode ! Filez écouter l'excellent Mauvais Travail ! Il y a des chances pour que vous m'y croisiez.

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Billie Holiday, l'exploitation d'un mythe

Dans son livre If You Can’t Be Free, Be A Mystery : In Search of Billie Holiday, Farah Jasmine Griffin écrivait : « Toutes les biographies de Billie se disputent pour imposer leur version de sa vie. A chaque fois qu’une nouvelle interprétation est lancée, on se sent à la fois plus proche et plus éloigné de Holiday ». Il est vrai que la chanteuse fut l’une des plus énigmatiques icônes de l’histoire de la musique populaire. On disait d’elle qu’elle modelait ses anecdotes en fonction de ses interlocuteurs, et que son autobiographie Lady Sing The Blues, sortie en 1956, s’arrangeait avec la réalité. Et c’était de bonne guerre, puisque bien des plumes allaient plus tard dépeindre la Billie qui les arrangerait. Celle qu’on surnommait Lady Day devint, à la fin des années 30, la plus célèbre figure du jazz vocal grâce à Strange Fruit, hymne antiraciste et première « protest-song » de l’histoire. Son parcours violent et hors-normes, de la misère des rues de Baltimore à la gloire des plus prestigieux clubs newyorkais, allait fasciner le monde entier par sa force symbolique. Devenue mythe, Billie Holiday survécut à elle-même pour figurer parmi les contes et légendes du XXe siècle.

Quelques références…

Des livres :

- Lady In Satin de Julia Blackburn

- Blues et Féminisme Noir d’Angela Davis

- Lady Sings the Blues de Billie Holiday & William Dufty

- Billie Holiday de Sylvia Fol

De la musique :

- Lady Sings the Blues – Billie Holiday, UMG Recordings (1956)

- Solitude – Billie Holiday, UMG Recordings (1956)

- Lady in Satin – Billie Holiday & Ray Ellis, Columbia Records (1958)

- The Complete Decca Recordings – Billie Holiday, The Verve Music Group (1991)

- Complete Jazz Series 1935-1937 – Billie Holiday & Teddy Wilson, Body & Soul SARL (2010)

- All of Me – Billie Holiday & Lester Young, Bentville Records (2014)

Un doc :

- Billie Holiday Documentary – the BBC « Reputations » Series (2001)

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Alain Bashung, messages cryptés pour émotions censurées

Dire qu'Alain Bashung manque à la scène française tient de l'euphémisme. Au fil d’une carrière éclectique, le chanteur avait réussi à concilier tous les publics : les rockeurs purs et durs, les amoureux des beaux textes, les avant-gardistes pointilleux. Mais le plus remarquable restait sa sidérante capacité à émouvoir, à travers des textes indéchiffrables que cet énigmatique taiseux se refusait à éclaircir. Si, dans ses dernières années, Bashung apparaissait comme un sage, discret et mélancolique, ses fulgurantes prestations scéniques laissaient deviner une folie furieuse derrière la tranquillité apparente. Avec son passé turbulent, son esprit contradictoire et son penchant pour l’autodestruction, il s’avère qu’Alain Bashung était un écorché vif qui n’avait rien à envier à ses confrères anglo-saxons.

Quelques références...

Des livres :

"Bashung, Vertiges de la Vie" de Pierre Mikaïloff

"Bashung l'Imprudent" de Bruno Lesprit et Olivier Nuc

"Bashung(s), Une Vie" de Marc Besse

"Bashung" de Philippe Barbot

Des disques :

Pizza de Alain Bashung (1981)

Play Blessures de Alain Bashung (1982)

Live Tour 85 de Alain Bashung (1985)

Novice de Alain Bashung (1989)

Osez Joséphine de Alain Bashung (1991)

Chatterton de Alain Bashung (1994)

La Tournée Des Grands Espaces de Alain Bashung (1995)

Fantaisie Militaire de Alain Bashung (1998)

L'Imprudence de Alain Bashung (2002)

Un podcast :

"De L'Aube à l'Aube", série documentaire réalisée pour France Inter.

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John Cale, le meilleur ami de l'angoisse

Avec John Cale, Graine de Violence n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom. Voilà un mec qui appartient à la légende du rock malgré une célébrité toute relative. Les lauriers que l’on tresse au Velvet Underground échouent plus souvent sur la tombe de Lou Reed que sur ce natif du Pays de Galles, pourtant garant principal de son identité sonore. Les vicieux coups d'archers de Venus in fur, le piano martelé de Waiting for the man, l'alto malade de Black Angel's Death Song... Tout au long de sa carrière, John Cale ne cessera de corrompre le format pop avec des éléments issus de la musique contemporaine, inscrivant ses expérimentations dans le code génétique du punk, contribuant à l’esthétique de l’avant-garde du XXe siècle. Voici le récit d’un allumé notoire à la discographie superbement éclectique.
Quelques références...
Des bouquins :

What's Welsh For Zen ?, de John Cale et Victor Bockris
Sédition et Alchimie, de Tim Mitchell
White Light White Heat, le Velver Underground au jour le jour, de Richie Unterberger
The Velvet Underground, de Jim DeRogatis
Nico - Songs they never paly on the radio - James Young
Please Kill Me, de Legs McNeil et Gillian McCain
La citation de Lester Bangs est tirée de l'article "Votre ombre a peur de vous : une tentative de ne pas avoir la trouille de Nico" présent dans le livre Fêtes Sanglante et Mauvais Goût

Des documentaires :

John Cale, de James Marsh (documentaire de la BBC)
Nico Icon, de Susanne Ofteringer

De l'internet :

Fragment Of A Rainy Season (1992) *****
Live At Rockpalast (1984) ****

Et puis des disques :
John Cale en solo :

  • Vintage Violence (1970) ****
  • Paris 1919 (1973) *****
  • Fear (1974) *****
  • Slow Dazzle (1975) ***
  • Helen Of Troy (1975) ****
  • Sabotage / Live (1979) ****
  • Honit Soit (1981) ***
  • Music For A New Society (1981) *****
  • Words For The Dying (1989) ***
  • HoboSapiens (2003) ***
  • M:FANS (2016) *** John Cale en collaboration :
  • The Velvet Underground & Nico - The Velvet Underground & Nico (1967) *****
  • White Light / White Heat - The Velvet Underground (1968) *****
  • Church Of Anthrax avec Terry Riley (1971) ***
  • Songs For Drella avec Lou Reed (1990) *****
  • Wrong Way Up avec Brian Eno (1990) **** John Cale producteur :
  • The Marble Index (1969) **, Desertshore (1970) *, The End (1974)**, Camera Obscura (1985) ** - Nico
  • The Stooges - The Stooges (1969) ****
  • Horses - Patti Smith (1975) ****
  • The Modern Lovers - The Modern Lovers (1976) ***** En bonus, ma critique de Songs For Drella sur Albumrock.net https://www.albumrock.net/album-lou-reed---john-cale-songs-for-drella-8898.html Facebook Instagram Twitter
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Johnny Thunders, Génération du Vide

Au milieu des années soixante-dix, le jeune débraillé Richard Hell signe un manifeste explosif, un hymne pour tous les jeunes artistes loubards de New York, Blank Generation. Hell n’avait pas baptisé la « génération du vide » par pessimisme : au contraire, ce vide était un terrain vierge où tout était à faire. Un espace libre où des gens comme Patti Smith, Blondie, Television, les Ramones ou Johnny Thunders pouvaient exercer leur créativité. Sur les cendres du Velvet Underground et des idéaux hippies, c’est une nouvelle contre-culture qui s’épanouit. Le CBGB’s et le Max’s Kansas City deviennent les bastions historiques de la musique underground. Lester Bangs inaugure le terme « Punk » dans un article fondateur, et Legs McNeil immortalise le mouvement dans un fanzine culte à l’image de son sujet : violent, poétique, comique, anticonformiste. Les anglais suivent ça de loin et prennent des notes. A l'origine de cette émulation créative, on retrouvait les inénarrables New York Dolls et leur guitariste intrépide, Johnny Thunders. Son parcours chaotique et tragique fut la parfaite illustration du punk : une épopée impitoyable et sonique où il ne fait pas bon vieillir.
Quelques références…
Livres :
Le bouquin principal sur lequel je me repose pour ce podcast est Please Kill Me de Legs McNeil & Gillian McCain. Un incroyable recueil de témoignages autour de la scène newyorkaise des années 70, tous plus fous les uns que les autres.
Johnny Thunders... In Cold Blood de Nina Antonia
The Dark Stuff de Nick Kent
Apathy For The Devil de Nick Kent
Richard Hell : La mort, c'est ne jamais devoir dire qu'on est incomplet de Lester Bangs (article présent dans le livre Psychotic Reaction)
Disques :
Beaucoup d'albums illustrent la folie créative du mouvement punk NY des années 70. En voici une liste non-exhaustive.
New York Dolls - New York Dolls (1973)
Patti Smith Group - Horses (1975)
Ramones - Ramones(1976)
Richard Hell & The Voidoids - Blank Generation (1977)
Television - Marquee Moon (1977)
Johnny Thunders & The Heartbreakers - L.A.M.F. (1977)
Talking Heads - Talking Heads 77' (1977)
Suicide - Suicide(1977)
The Dead Boys - Young, Loud & Snotty (1977)
Johnny Thunders - So Alone (1978)
Blondie - Parrallel Lines (1978)
Johnny Thunders - So Alone (1983)
Quelques docs :
Looking For Johnny Thunders de Danny Garcia
Born To Lose - The Last Rock'n'roll Movie de Lech Kowalski
Punk : Attitude de Don Letts
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